Rencontre 2015

On trouvera ici des liens vers diverses contributions apportées lors de cette rencontre :

« Quand les déshérités souffrent, les multinationales dansent », d’André Jufer, par Régine Vinson

« Il faut qu’ils passent », de Pierre André Combremont, par Jean-Louis Schwendimann

Compte rendu de la rencontre de Christian Tschantré

Après un temps d’accueil le jeudi 22 octobre dès 15 heures, et les salutations d’un certain nombre d’absents à notre rencontre, la vingtaine de participants se retrouve pour une présentation de plusieurs d’entre nous. L’objectif de ce moment convivial avait pour but de permettre à plusieurs de nous interpeler au sujet des réalisations personnelles, de partager ce qu’ils ont fait de classique, d’original, d’inédit, ou de différent et très personnel au cours de sa vie après l’EPTP. Certains sont entrés à la faculté de théologie et sont devenu pasteurs, tandis que d’autres ne le sont jamais devenus. Plusieurs d’entre nous n’auront pas terminé ces études. Toutefois, pour tous, leur séjour à l’EPTP leur a ouvert des portes, leur a ouvert l’esprit… εφαπαχ.  Par ailleurs plusieurs ont produit des écrits à partir de leurs expériences.

Certains de ces ouvrages seront ensuite présentés en soirée.

Origine des rencontres des anciens élèves de l’EPTP

Mais comment se fait-il que nous sommes tous là aujourd’hui ? Avec Daniel Rochat en 1972, Robert Lehmann se pique de retrouver la trace des anciens copains de Saint-Germain. Diverses rencontres ont lieu, puis, en 1999 la question se pose de se réunir régulièrement, tous les deux ans avec tous les anciens de Saint-Germain. C’est dès 2007 que l’équipe cherchera à ouvrir les rencontres aux anciens de Saint-Cyr-au-Mont-D’Or en vue de faire un colloque sur l’histoire de l’EPTP. C’était donc il y a deux ans et cela a abouti à la publication d’un livre grâce aux compétences de Jean-François Zorn, professeur émérite de la faculté de théologie de Montpellier. (L’IPT)

Jeudi 22 dès 17h15

JLS propose de mettre en ligne sur le site Internet ce qu’on retient de notre vie car nous nous sommes posé la question de l’échange au sujet des œuvres de chacun. Il fait ensuite une brève présentation du livre de Pierre-André Combremont : « Il faut qu’ils passent »

Jeudi 22 dès 18h15

Régine Vinson nous présente le livre d’un ancien épétépiste : André Jufer.

« Quand les déshérités souffrent les multinationales dansent » Etitions de l’Aïre (Suisse).

« Je ne suis pas historien, ni journaliste. Ma licence en théologie, mon ministère de pasteur et, auparavant, ma profession de compositeur typographe ne me destinaient pas à l’écriture de ce livre. Le déclic s’est produit quand il m’est apparu que l’acharnement dont sont victimes les paysans et celui dont sont victimes les réfugiés procèdent des mêmes causes, sont le fait des mêmes prédateurs. » André Jufer En combattant pour la justice, André Jufer analyse les origines des crises économiques en passant au crible les révoltes paysannes anciennes et contemporaines, la traite négrière, la naissance des multinationales et la puissance maléfique des lobbys. Le pasteur vaudois nous administre une piqûre de rappel pour réveiller nos consciences endormies. Le vieux concept de l’exploitation de l’homme par l’homme agit toujours comme un virus increvable. D’ailleurs la carte géographique de la faim dans le monde nous le confirme avec violence et insistance. On ne parle plus de misère ou de damnés de la terre. On a seulement changé de mots pour désigner ces tragédies qui secouent l’humanité. L’existence de ce livre ne répond pas à toutes les questions, mais il pose les bonnes questions et ouvre des perspectives d’analyse troublantes sur la situation de l’homme d’aujourd’hui. A signaler encore la manière avec laquelle André Jufer a écrit ce livre : il y a mis son cœur et ses tripes. Raison pour laquelle, en le lisant, on entend en sourdine le blues d’un Noir américain dont les ancêtres avaient fait la terrible traversée de l’Atlantique, le chant des récolteuses de coton et peut-être le cri de rage de certains agriculteurs européens à qui la mondialisation a enlevé la dignité et le sens de la vie.

Jeudi 22 dès 20h50

JLS présente le livre de Thomas Piketty : « Le capital au 21ème siècle »

« La question de la répartition des richesses est pleinement d’actualité; malgré les travaux des précédents économistes, l’imprécision quant à la répartition des revenus et des patrimoines demeure. Fortement produite par d’importants rendements du capital, l’injustice sociale est un problème démocratique majeur. Depuis 1970, les inégalités repartent à la hausse. En parallèle des déséquilibres financiers, pétroliers et immobiliers augmentent l’instabilité sociétale. L’avenir est incertain. Thomas Piketty tente d’éclaircir celui-ci en nous présentant le fruit de ses recherches concernant les dynamiques de répartition propres au système économique actuel. »

Ce ne sont pas les multinationales qui sont en cause mais leur contrôle par les Etats. Une question se pose : faut-il que les multinationales nourrissent le monde ou bien que les hommes se nourrissent ?

Bernard Van-Baalen présente et explique la démarche qu’il a effectuée avec son travail de sérigraphe de l’atelier

http://lepoissonbouge.ch/ Le site Internet correspondant résume très bien la démarche.

La soirée s’achève par une projection de photos et un commentaire de la part d’Alain et Monique Charra.

Ils se sont rendus au Népal, sur les lieux du tremblement de terre avec une association caritative : http://www.tendrel-solidarite.fr/

Vendredi 23 octobre

BVB nous fait partager le développement d’une réflexion au sujet de deux textes de l’évangile,

« La tentation de Jésus » dans Mathieu 4 :1-11 et « La pêche miraculeuse » dans Luc 5 :1-11

Présentation de la Maison qui nous accueille, le Centre Jean Bosco.

L’institution Jean Bosco fête le 20ème anniversaire du Centre de Lyon.

Le Centre Jean Bosco est créé en 2001 par les « Salésiens et Salésiennes de Don Bosco »

Missionné par l’Enseignement Catholique depuis 2006, le Centre devient un lieu de formation dans le cadre de l’Association des Maisons Don Bosco : centre de formation à la pédagogie de Don Bosco et lieu de recherche. Il met par ailleurs ses infrastructures à la disposition de groupes. La maison mère se trouve à Paris.

Don Bosco était prêtre à Turin où il croise les enfants des rues et où il visite les prisons. Il veut permettre à la jeunesse de se retrouver et revivre en s’instruisant. « C’est par la douceur et la patience que tu te feras des Amis » S’ensuit la création de la Société de Saint-François de Salles, avec un directeur et non un prieur.

Le travail est préventif et quotidien dans l’accompagnement des jeunes, notamment des Cités : Argenteuil, Nice, Lyon…. Il faut qu’ils se sentent reconnus et aimés. Il faut qu’ils soient soutenus : cours du soir et accompagnement. L’association va à la rencontre des jeunes des rues pour les « remettre en selle »

Don Bosco c’était: 15 000 religieux dans le monde. A partir de 1968 la communauté diminue en nombre et des Laïcs ont repris la direction d’établissements.

Vendredi 23 octobre : 10h10

JLS : Différentes façons de parler de décrochage scolaire

 Questionnements :

A Ch pose d’emblée la problématique des jeunes qui partent en Syrie. Une maman se lamente en disant : « Mais pourquoi est-il parti ? Ici tout va bien et nous sommes aisés… les enfants chercheraient un sens à leur vie, que les parents ne saisissent pas ?

A L cite le film :  Le joueur de flûte, de J Demi. Ici,  ce sont les notables de la ville qui ne supportent plus les jeunes.

Nous serions passés du savoir de la spiritualité (vivre) au savoir de la connaissance ?

Régine :  les jeunes auraient besoin de ce singulariser du monde des adultes… les jeunes ont envie d’avoir une place qui n’est pas acceptée pour eux dans la cité. On rejoint ici le « joueur de flûte ». La bienveillance est une piste, une porte ouverte pour les aider.

BZ  tente de faire un rapprochement entre le sans domicile fixe et les anciens dans la maison de retraite. « je quitte de la société »  dis le SDF. Il parle également des jeunes l’école qui traite les collègues femmes de salopes, et le principal de leur répondre « je ne sais plus comment faire »

RA Répond que l’islam propose un package tranché. Toute réponse rassure… mais dans le christianisme également toute réponse rassure. Les croisades chrétiennes étaient tranchées,  et même tranchantes.

Toutefois, des établissements installent-ils des cellules de veille pour prévenir le décrochage. (Objectif zérodécrocheur)

GS Questionne : Comment trouver un vrai sens à sa propre vie quand la vie semble être un non-sens ?

Vendredi 23 octobre : 11h15

OJ passe en revue de pédagogies présentant une alternance. (Son texte ou son résumé est attendu)

Vendredi 23 octobre : 14h25

OJ parle de la relation pédagogique qui repose sur trois piliers. (Son texte ou son résumé est attendu)

OJ

La première question est la question des savoirs, la deuxième est celle des pédagogies et la dernière est la question des apprenants. Il manque souvent l’intégration de la pédagogie dans chaque milieu, un recentrage sur l’apprenant.

Une liste des 10 commandements de l’éducation alternative qu’a commentée OJ est attendue:

 

Questions et remarques

Écrire, lire, compter, est-ce l’essentiel ? (l’abstraction est excessive) ne sommes-nous pas trop « cérébral ? »

Le décrochage n’est pas que scolaire. Il y a également un décrochage des codes sociaux.

… la pédagogie alternative est dans le partage…

Oh ne peut plus remplir un grand sac avec de la connaissance pour pouvoir faire une lecture correcte du monde moderne,  mais il faut procurer des outils pour pouvoir le faire bon.  Avoir son bac…  mais sans savoir être ?

Vendredi 23 octobre : 15h25

Présentations :

1) JLS présente le livre « Espérance banlieues », de Harry Roselmack et Eric Mestrallet . Un livre sur une expérience pédagogique dans une école très particulière à Montfermeil, près de Paris.

Discussion

Le résumé sur ce livre et cette expérience ne permet pas de longs développements entre nous. Les remarques portent sur le succès ou les échecs de cette pédagogie : les jeunes s’y retrouvent-ils bien en fin de scolarité ? Les réserves portent sur les risques de récupération de cette pédagogie par des régimes politiques contraignants…

 

2) Film sur l’école Steiner : « Un autre chemin pour l’école »

Réactions au sujet de ce film

Quelques traits caractéristiques de la pédagogie dans cette école sont repris. La société est égale à « vivre ensemble car chacun se construit au contact des autres» souligne dans ce film Albert Jaccard, ne pas enseigner ce que je sais mais ce que je suis, ne pas juger… L’anthroposophie n’est pas exigée pour les enseignants.

Sur 17 école en France, deux seulement sont conventionnées

 

Vendredi 23 octobre : soirée

Présentation du film « Les enfants de Summerhills par CT.

La discussion qui s’ensuit reflète surtout des interrogations restées sans réponse dan ce film :

  • Cette école « tourne » avec quel financement ? Est-ce un établissement ouvert aux familles aisées ?
  • Quelle pédagogie développe-t-elle aujourd’hui ?
  • Tous les enfants étaient-ils ou sont-ils en difficulté, ou bien certains seulement ?
  • Qu’est-ce que la réussite ?
  • Et la question qui fait réfléchir : Y mettriez-vous votre enfant, tellement la liberté y semble encore pratiquée ? (flottement dans la salle !)

 Aucune réponse n’est définitivement affirmée ce soir. Le site Internet de l’école peut sans doute  nous/vous  y aider ?

 

La discussion à bâton rompu termine la soirée autour du thème de la pédagogie et de la prise de conscience :

  • Est-il possible de « réaliser sa vie » plutôt que de se « réinsérer » dans la vie comme tout le monde ?
  • Comment se positionner face au cynisme des multinationales, des dictatures africaines, de la mainmise de la Chine sur les terres des contrées alentour. Face à tout cela les Etats ne font-ils pas des propositions incongrues ?
  • La guerre économique est déclarée depuis longtemps. Il convient de se rapprocher des « ilots de résistance ». Mais qui sont-ils, et où sont-ils ?
  • L’éducation est reconnue comme une des seules armes pour permettre au citoyen de devenir vigilant et critique.
  • La vie est une lutte permanente. Les acquis n’existent pas. Relire le mythe de Sisyphe.
  • Les « Mooc » arrivent en Europe et semblent des cours par correspondance d’une grande qualité pédagogique.

A suivre, et dormez bien en attendant.

Samedi 24 octobre :

Des propositions d’accompagnement de projets à financer font l’objet de communications

1) Les financements de projet :

2) Les financements solidaires, par OJ

Le crowdfunding, Par JLS

Assemblée générale de l’association jusqu’à midi, puis poursuite des discussions par tables, autour du repas.

Une première séance de coordination du comité de pilotage s’est tenue après le repas, ne serait-ce que pour gérer le calendrier futur du comité.

Christian Tschantré / 24-2-2016